01 février 2010

Le rire du plombier (mais pas que)

 

 

Bon, les Gens de l'Internet, il faut que je vous narre mes aventures du jour.

 

Car figurez-vous que la journée a été particulièrement riche en émotions.

 

Ce matin, du pas primesautier qui est le mien au réveil - donc en me trainant comme une loque et en maudissant les fabricants de réveil jusqu'à la treizième génération - je me suis dirigée vers la douche.

Il était alors 7h17. Cette précision est une concession très importante à l'élaboration de la vérité historique, ce qui permettra plus tard à mes biographes de faire preuve d'une érudition de bon aloi.

 

Pendant que je me douchais telle la naïade de Tahiti douche, mais en mieux - donc je me suis mis de l'après-shampoing dans l'oeil tout maudissant les fabricants de réveil jusqu'à la vingt-huitième génération (l'inflation est rude dans le commerce de la malédiction) -, d'un coup, j'entends une perceuse.

 

Non, mais, une perceuse ? à 7h28 ? Il y a pas un peu des gens qui abusent, quand même ?

 

Mes ablutions terminées, je me glissais toute ruisselante hors de la douche, en me disant que quand même, des travaux aussi tôt, c'est louche. Enfin, c'est surtout matinal, mais bon.

 

Mais voilà, ce bruit me paraissait trop fort. Grave.

Et surtout, ce bruit me paraissait trop proche. Grave.

 

N'écoutant que mon courage - et ce bruit absolument insupportable-, je m'emparais d'une chaise pour inspecter la VMC, qui me semblait suspecte.

 

De près, elle me semblait moins suspecte. Mais beaucoup plus poussiéreuse. Seuls ceux qui nettoient leur VMC toutes les semaines ont le droit de me jeter des plumeaux à la face.

 

Toujours est-il que cet affreux bruit ne cessait pas.

 

Bon, sois rationnelle, ma fille, me suis-je dis avec cette familiarité que je me permets parfois envers moi-même. Parons au plus urgent.

 

J'ai donc fait mon brushing. Car c'est toujours le plus urgent. D'ailleurs on n'a jamais vu Mac Gyver sauver le monde mal coiffé.

 

Puis je me suis maquillée. Même si on n'a jamais vu Mac Gyver sauver le monde maquillé.

 

Puis je suis allée inspecter le palier. Pas de bruit.

Je suis montée à l'étage supérieur. Pas de bruit.

Je suis descendue à l'étage inférieur. Pas de bruit.

 

Pas de doute, la bête sévissait chez moi.

 

Ah ah, mais je n'avais pas dit mon dernier moi. Courageusement, je me lançais dans l'exploration du tableau électrique. Après avoir tout coupé, je devais me rendre à l'évidence : le problème n'était pas électrique.

 

Il était temps d'appeler la cavalerie. Ou plutôt la gardienne. Que j'ai sortie du lit.

 

A nous deux, nous avons inspecté la salle de bains du sol au plafond. Jusqu'à ce que le voisin du dessus, de passage au retour de la boulangerie, vienne nous prêter main forte.

 

Dès lors, il y eu dissension dans le groupe. La gardienne et moi étions convaincues que le bruit venait du mur soutenant la tuyauterie.

Le voisin penchait plutôt pour la culpabilité de la VMC, après l'avoir inspecté de près grâce à la chaise. J'espère qu'il n'a pas remarqué la poussière. Mais je crains qu'il ne soit pas aveugle. Sourd, peut-être, comme le prouve la fin de l'histoire...

 

La gardienne envisageait une expédition dans l'appartement du dessous, où nous nous attendions à trouver au choix une troupe de jeunes perceurs fous ou le monstre du Loch Ness énervé - et enroué.

 

Rien.

 

Il était temps de changer de registre dans la cavalerie. Et de frapper haut : les propriétaires. Qui me garantissent que quelqu'un passera avant la fin de l'après-midi.

 

Bon, il ne me restait plus qu'à partir au travail. Et vite. Parce qu'avec tout ça, j'étais en retard.

Et que, bien sûr, comme j'étais en retard, mon chat en a profité pour monter au 6ème vérifier si tout était OK.

Le chat dûment récupéré, et après avoir enregistré le bruit sur mon iPhone, j'appelais le responsable de la promo d'étudiants auquel je devais dispenser un savoir éblouissant pour lui dire que j'allais être un peu en retard.

 

Et sur le trajet du métro, hyper inquiète, j'appelais mon père. Et ma mère. Pour leur demander ce qui pouvait bien se passer. Bon, ils n'en savaient rien, mais c'est mieux d'inquiéter un maximum de gens, ça apaise.

 

Arrivée au travail (avec seulement 2 mn 43 de retard), je croise le responsable susmentionné (oui, il faut suivre un peu, les Gens de l'Internet), professeur de maintenance des systèmes industriels de son état. Pour mes biographes, je cite la conversation.

 

Le spécialiste de la maintenance : "ah mais tu n'es pas en retard ! mais tu es toute pâle"

La spécialiste de la culture générale (moi) : "j'ai un problème dans ma douche, il y a un bruit terrible !"

Le spécialiste de la maintenance : "quel genre de bruit ?"

La spécialiste de la culture générale : "attends, je l'ai enregistré"

Diffusion de la bande son.

Le spécialiste de la maintenance : "ouh là, mais c'est pas électrique, ça !"

La spécialiste de la culture générale : "nonmaisdismoicestquoicestquoi ?"

Le spécialiste de la maintenance : "c'est de le pression dans un tuyau ça ! tu as laissé le robinet ouvert ?"

La spécialiste de la culture générale : "ah mais non, j'ai tout bien fermé !"

Le spécialiste de la maintenance : "Malheur ! Malheur ! il faut TOUJOURS laisser le robinet couler quand il y a de la pression ! sinon, c'est l'inondation assurée !"

La spécialiste de la culture générale : "ohmondieuohmondieu"

Le spécialiste de la maintenance : "franchement, rentre chez toi, c'est sûr, tu vas retrouver ton appart dans un sale état"

 

Bon, n'écoutant que mon courage, je vais retrouver mes étudiants dont le métier, justement, est la maintenance.

 

Eux aussi me trouvaient bien pâle. Et eux-aussi pensaient que l'inondation était garantie. Et que du coup, mon chat allait périr électrocuté par les multiprises. Les jeunes sont méchants.

 

Autant vous dire que l'étude du texte de Beauvoir a un peu souffert de mon inquiétude. Simone, pardonne-moi.

 

A midi, je me rue sur mon téléphone. Mais le plombier n'est pas encore passé.

 

Trois quarts d'heures après mon propriétaire me rappelle.

 

Le message était inaudible.

 

Il riait trop.

 

Parce que figurez-vous, les Gens de l'Internet, que ce bruit à réveiller un mort mort depuis la Grande Peste de 1347-1351, c'était un rasoir vibrant à pile que j'avais malheureusement allumé en reposant mon après-shampoing. Et que du coup, il vibrait sur l'étagère en métal. Etagère qui se trouvait collée au carrelage.

 

En quarante ans de carrière, le plombier n'a jamais autant ri.

Comme mon propriétaire et sa femme.

Comme mon père et une bonne quarantaine de ses collègues.

Comme une bonne quarantaine de mes collègues.

 

Heureusement pour moi, ce n'était qu'un rasoir. Imaginez la même scène avec un canard vibrant.

Là, il faut juste que je déménage avant de croiser la gardienne et le voisin du dessus.

Avec le canard, il aurait fallu que je déménage en Papouasie Nouvelle Guinée.

 

 

 

 

 

 

 

27 janvier 2010

La descendance de Farinelli

 

 

A l'occasion d'un cours sur le nazisme, au cours duquel nous abordons j'aborde le concept de "race" devant un public fasciné 30 djeunzs qui se demandent si à midi c'est MacDo ou grec, brusquement, une élève s'exclame :

 

 

- Oh, mais, M'dme, les chiens castrés, ils ont obligatoirement des bébés castrés ?

 

 

Il n'y a pas assez de Martini sur la Terre.

 

25 janvier 2010

Hérodote, pardonne-leur.

 

 

Bon, les Gens de l'Internet Mondial, sachez que tout va toujours pareil.

 

Ce qui, depuis la rentrée, veut dire que si vous me cherchez, vous voyez le fond ? Et bien je suis bien au delà. Oui, là, c'est moi. Comme quoi, il faut croire aux présages.

 

L'avantage de l'hécatombe professionnelle, c'est les perles. J'en ai un tel stock que le stade du recueil est dépassé, on approche plutôt de l'encyclopédie. Genre.

 

Alors au début, la perle, tu la traques, tu la notes, tu la partages, tu te marres bien, mais bon, quand tes cours deviennent une litanie de perles, tu te lasses, le désespoir te guette, et la Martini Corporation voit son chiffre d'affaires exploser.

 

Je croyais avoir touché le fond depuis longtemps, probablement quand les croisés ont pour la 15ème fois pris l'avion pour aller guerroyer en Terre Sainte, ou bien quand la densité de l'Europe a atteint les 49 millions d'habitants au km², mais en fait non.

 

Et c'est ainsi qu'un mercredi matin blafard, un élève de Première, qu'on va appeler Oméga, m'a achevée...

 

 

- Ouais, M'dme, c'est pas cool, chaque fois qu'on vous voit, on fait rien que parler du passé !


- Euh, Oméga, comment vous dire... je suis prof d'Histoire !


Là, le front d'Oméga se plisse... se plisse...


- Ben, vraiment, M'dme, je vois pas du tout le rapport !

 

 

Si vous me cherchez, je suis là, si, si, à 358 mètres au Sud du fond. Si vous passez par là, vous pouvez m'apporter du Martini ? Merci.

 

 

 

 

 

 

 

 

14 octobre 2009

Les profs boivent, les élèves trinquent. A moins que ce soit l'inverse...

 

 

Bon, les Gens de l'Internet, sachez que ma vie professionnelle est devenue cette année tellement bloguable que je n'ai même pas le temps de la bloguer, c'est pour dire. Et que ça commence à me coûter cher en Martini, cette histoire. Grave.

 

 

 

Lors de la ruée qui tient lieu d'entrée en classe, A. se précipite vers moi, l'air très préoccupé.

 

A., essoufflé, l'air perplexe, tellement concentré qu'il en oublie les oreillettes de MP3 qui reposent sur ses oreilles :"Euh, M'dme, c'est vrai ce qu'on dit ?"

 

Alinéa, surveillant du coin de l'oeil M. qui commence à se disputer avec S. pour une histoire de place, qui accessoirement est celle de Y. : "Tout dépend de ce qu'on dit, A."

Gêné, limite rougissant: "Ben, on m'a dit, que l'autre fois, si vous étiez pas là, c'est parce que vous étiez à un Kolok !"

Alinéa, guettant S. qui par mesure de représailles, tente de voler le portable de M. dans sa poche arrière de jeans : "Eh bien oui, A., c'est vrai, j'ai assisté à un colloque."

 

Les yeux ronds, le souffle court, A. balbutie :"Mais c'est incroyable, M'dme, j'aurais jamais cru que vous étiez alcoolique !"

 

Alinéa, tellement héberluée qu'elle en perd S. et M. des yeux : "Pardon ???"

 

A., rassurant :"Non mais j'vous rassure, M'dme, ça se voit pas du tout !"

 

 

Sur ce, je vous laisse, je dois finir mon Martini paquet de copies.

 

***

 

Au prochain épisode, en exclusivité mondiale : "Pourquoi les Chinois sont-ils tout petits, par Y." Ça vaut son pesant de lecteurs MP3, croyez moi.

 

 

06 septembre 2009

Back in business

 

 

Bon, les Gens de l'Internet Mondial, moi, je sais pas trop lire les signes. Niveau lecture de signes, j'ai même pas le brevet des collèges.

 

Donc du coup, là, quelques jours après la rentrée, je peux dresser un bilan :

 

- J'ai l'immense chance d'avoir un emploi du temps hyper bien fait qui me permet de travailler six jours sur sept. La classe. La classe internationale, même. Après enquête approfondie, ce n'est pas une brimade, c'est juste que l'ordinateur aime bien me voir au lycée.

 

- Dans les trois premières minutes de prise de contact, j'ai fait preuve de la plus grande fermeté en beuglant "eh bien, Mademoiselle, il serait temps de sortir vos affaires". Après enquête approfondie (j'ai fait l'appel), il s'est avéré que la demoiselle en question s'appelle Marcel.

 

- Après environ une demi-heure de prise de contact, une élève s'est mise à sangloter sur mon épaule. Après enquête approfondie (elle m'a racontée sa vie depuis son sevrage), il semble juste qu'elle aimait bien les vacances.

 

- Après environ une heure de prise de contact, une élève s'est limite évanouie dans mes bras. Après enquête approfondie (je l'ai tractée jusqu'à l'infirmerie), il semble juste qu'elle était indisposée.

 

- Après environ une heure cinq de prise de contact, une élève a vomi sur mes ballerines. Après enquête approfondie (re-tractage à l'infirmerie), elle n'avait pas la grippe A.

 

 

Donc, franchement, je veux bien ne pas lire les signes, mais, là, juste maintenant, j'ai l'impression que l'année va être longue. J'sais pas trop pourquoi.

 

 

13 mars 2009

Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer

 

 La rédaction de ce blog remercie Friedrich N., qui souhaite rester anonyme mais qui a soumis l'idée de titre.

Merci Friedrich, t'es trop un pote !

 

Longtemps, j'ai voulu sauver le Monde.

 

Être une Superhéroïne. Ou prophète. Ça me disait bien, prophète. Mais bon, la Superhéroïnitude, ça va avec une décapotable, donc c'était mon premier voeu, parce qu'on peut dire ce qu'on veut, la décapotable, ça pose sa femme.

 

Mais un jour, j'ai réalisé que la cape, ça tasse la silhouette, et que la toge, c'est incompatible avec une poitrine généreuse.

 

J'ai donc rabattu mes prétentions. Grave. Sur mes fiches de début d'année, je n'indiquais plus que "Présidente du Monde".

 

Mais un jour, on m'a dit que pour devenir Présidente du Monde, il fallait porter une rolex, mais franchement, la rolex, c'est so 1990', y'a pas moyen.

 

Du coup j'ai encore rabattu mes prétentions. J'ai alors décidé de devenir Supermillionnaire. Grâce au Plan.

 

Oui, le Plan.

 

Le Plan parfait, grâce auquel tu deviens plus blonde, plus mince, et Supermillionnaire.

 

Le Plan était simple : gagner à l'Euromillion.

 

Mais finalement, le Plan parfait avait une faille.

Il fallait jouer à l'Euromillion.

Tant pis.

 

Donc, finalement, j'ai décidé que mon but dans la vie, c'était de réussir à voir les saisons 3 sq de Grey's Anatomy.

Et éventuellement que S., qui, malgré sa banale apparence de prof de Gym suédoise, est en fait le très attendu envoyé de l'Antéchrist, se foule la cheville et qu'à la place de ses séances de torture scandinave, il nous fasse faire du macramé.

Tant pis pour la Superhéroïnittude, la Prophétude, la Supermillionairattitude.

 

Mais à la place, c'est vous qui allez devenir riches. A vous l'amour, la gloire et la beauté. Sans parler du rock'n roll, de la drogue et du sexe.

 

Et une fois arrivés là, grâce à moi, n'oubliez pas de m'offrir l'intégrale de Grey's Anatomy, merci les Gens de l'Internet, vous êtes des potes.

 

Mais bon, là encore, pour gagner, il faut jouer.

 

De toutes façons, si vous ne jouez pas, vous aurez trois cheveux blancs supplémentaires demain matin et vous serez suivi par un lapin nain pendant cinq ans - et, croyez moi, les Gens de l'Internet, un lapin nain, ça a un côté flippant. Si, si.

 

Donc pour jouer, c'est hyper simple, grâce à Alapage, qui fête ses 15 ans (comme certains de mes djeunzs), a décidé d'organiser un concours pour vous faire gagner des tas de lots hyper grave trendy :

Visuel Cadeaux CULTURE.jpg

 

Mais bon, les Gens de l'Internet, comme toutes les victoires ont un prix, il faut répondre à une question.

Une question culturelle, bien sûr, non mais, on est pas sur TF1 ici quand même.

 

Quel est le nom de mon chat ?

 Attention, celui-là :

DSC08594.JPG

 

1. Kant

2. Kylie Minogue

3. Schopenhauer

 

Pour jouer, c'est ici.

 

 

Les gagnants seront tirés au sort parmi ceux ayant donné la bonne réponse.

Bonne réponse que vous pouvez trouver sur mon blog.

Mais accessoirement, je la vends.

Contre un cours de macramé.

 

 

Bon, sinon, les Gens de l'Internet, si vous voulez encore plus d'argent, de sexe et de rock'n roll, vous pouvez aussi jouer ailleurs :

 

http://www.lesblogs-alapage.com/lapagejeuxvideo/wp-content/themes/WP_Premium/images/Banniere%20JV%20HIGH%20TECH.jpg

http://www.lapagehightech.com/wp-content/themes/WP_Premium/images/ban-jeuxvideo.jpg

http://www.lapagehightech.com/wp-content/themes/WP_Premium/images/ban-cultureasie.jpg

http://www.lapagehightech.com/wp-content/themes/WP_Premium/images/ban-litterature.jpg

 

***

 

Et sinon, rien.