13 mai 2008

Aux armes, citoyens (de Disneyland) !

 

 

Note rapide, parce que bon, je déménage bientôt, et que bon, mon appart ressemble à un entrepôt Ikea, et que franchement, je crois que les livres, c'est surfait.

Sinon, qui veut un shaker électrique ?

 

Bon, les Gens de l'Internet, ce qui est cool quand on est prof, c'est qu'on aide à former le futur. On se sent utile. On oeuvre pour la grandeur de la France. De l'Europe. De la Galaxie.

 

Même si parfois on doute. Souvent, même.

 

D'ailleurs les élèves aussi doutent. De ce que MOI je leur dis. Je trouve ça vraiment pas kiffant.

 

Et c'est ainsi que j'ai perdu toute crédibilité auprès de J.

 

J. aime bien l'Histoire.

Surtout quand il se passe des choses HORRIBLES. Qu'il y a du sang, des entrailles, des morts. Et un peu de choses sexuelles aussi.

Ses interventions sont toujours de grands moments. Parce qu'elle dit toujours ce qu'elle pense. Au moment où elle le pense.

Et aussi parce que, dans la même classe, A. aussi aime bien l'Histoire.

Et que ses interventions aussi sont toujours d'anthologie.

Et que du coup, ils se répondent.

Amis du surréalisme, bonjour.

 

Du coup, quand je décris le processus de déclenchement de la Première Mondiale, et les mobilisations générales successives des Etats européens, A. veut tout savoir.

 

A. perplexe :"Mais M'dme, comment ça se passe, la mobilisation générale ?"

 

Alinéa, docte : "Et bien, on appelle tous les hommes en âge d'être appelés. Et on leur demande de rejoindre les casernes."

 

A., voulant aller au fond de la question : "On les appelle par téléphone, ou on leur envoie un mail ?"

 

Ben oui, sur MSN : "Kikoo, cé la mobilisation général, tro la teuf, on va tro se ptdr."

 

Alinéa, frustrée de l'oubli total des premiers cours de l'année : "Euh, on est en 1914, vous vous souvenez, tout le monde n'a pas le téléphone, et le mail n'existe qu'à la fin du XXe siècle !"

 

A., creusant encore plus loin : "Ben alors, comment on fait ?"

 

Et c'est alors que J. bondit, lève la main, et s'exclame :"Moi je sais, M'dme !"

 

Alinéa, s'attendant au pire : "Oui, J. ?"

 

J., toute joyeuse : "On envoie des messagers qui frappent à TOUTES les portes !"

 

Alinéa, perplexe : "Vous savez, J., il y a plus de 40 millions d'habitants en France en 1914, ça fait beaucoup de portes. Non, on utilise les cloches des églises, qui sonnent le tocsin, et on placarde sur les bâtiments publics l'ordre de mobilisation générale dont votre manuel présente une reproduction."

 

J., énervée : "Ben non, n'importe quoi, je sais que c'est pas comme ça !"

 

Alinéa, très calme bien qu'émotionnellement épuisée : "Je vous garantis que si, J. On ne peut PAS matériellement aller frapper à toutes les portes."

 

J., TRES énervée : "Mais enfin Madame, j'ai vu Mulan, moi. Pas vous ?"

 

Ben si.

 

Mais ça fait mal. Très mal.

 

 

 

 

 

 

04 mai 2008

Iron Woman

 

 

Note de fin de vacances, sans Brad, sans Raymond, mais avec une dose importante de mauvaise conscience, parce que bon, j'ai pas préparé tous les cours que je voulais préparer. Ce qui est mal. Je vais m'autopriver de Martini. Je me suis déjà autoprivée en fait. Parce que j'ai oublié d'en racheter. L'enfer, c'est ça.

 

 

Bon, les Gens de l'Internet Mondial, il faut que je vous avoue un truc. Un truc qui décoiffe. Mais pas trop, parce que, bon, le brushing, c'est la vie. Enfin, c'est ma vie. Ma religion. Vous m'avez comprise.

 

Voilà, en fait, malgré les rumeurs persistantes sur le sujet, je ne suis pas parfaite

Incroyable, non ?

 

Confucius lui-même avait dit "on ne peut pas exceller en tout".

 

Et il avait raison, ce brave homme. Grave.

 

Donc moi, je sais faire des macarons, je sais me vernir les ongles de la main droite, je suis capable de me garer dans une place qui fait 30 cm de moins que la taille de ma voiture (mais seulement si personne ne regarde. Quand on me regarde, je suis déconcentrée. Totalement.), je sais raconter des blagues pourries en cours, je sais imiter la Venus de Milo (mais plus habillée), et je détiens le record mondial de consommation journalière de coca light.

 

Mais, je l'avoue à la face de l'Internet Mondial, je suis nulle en repassage. Grave.

 

Tellement nulle qu'il y a peu, après m'être changée dans la salle de bain d'une amie en prévision d'une soirée, et ayant revêtu un habit de lumière - bon, plus décolleté que lumineux en fait, on fait avec ce qu'on a-, ladite amie, après m'avoir regardée quelques brefs instants, me proposa fort gentiment de sortir la table et le fer à repasser. C'est vous dire l'étendue des dégâts, les Gens de l'Internet Mondial.

 

Donc non seulement je suis nulle en repassage, mais en plus je déteste ça.

Mais, paradoxalement, je ne peux pas assumer et arrêter le repassage. La simple idée de dormir dans des draps non repassés me donne le bourdon. Comme l'idée d'un monde sans Brad. Ou sans Martini. C'est pour dire.

 

Du coup, je stocke le linge à repasser. Sur le temps long. Très long. Au point que chercher quelque chose dans ma pile de linge à repasser relève de l'expérience archéologique mystique ultime. Et que parfois, je retrouve des vêtements que j'avais oublié posséder. Ce qui est pour le moins frais, vous en conviendrez, les Gens de l'Internet Mondial.

 

(Frais, ça veut dire fun en langage djeunz cuvée 2008. Pfff, faut tout vous apprendre, les Gens.)

 

 

Et manifestement, le repassage, c'est pas héréditaire. Ni génétique.

Parce que mon père, il repasse hyper bien, et en plus il aime bien ça, repasser.

Et il développe une sensibilité très spéciale, une espèce d'allergie pour le linge non ou mal repassé. Autant vous dire que chez moi, il est servi.

Du coup, n'en pouvant plus de le voir loucher sur ma pile de linge à repasser, j'ai décidé d'agir.

D'agir en adulte responsable. En adulte qui assume sa maison. Totalement.

Et de cacher l'objet du délit quand je reçois ma famille. C'est bluffant tellement c'est responsable, non ?

 

Je me souviens que j'avais, dans le temps, dévolu un tiroir de commode à la mission de cache-cache.

Mais très vite, j'ai dû voir les choses en grand.

Une armoire.

Rien que ça.

Trois mètres cube. Bien tassés. Menaçant de s'effondrer sur quiconque s'aventurerait trop près de l'objet du délit.

 

Mais cette situation est fort inconfortable. Moralement. Je dois dealer avec mon âme tourmentée. Et mon inconscient traumatisé. Parce que la dissimulation, c'est mal. Sauf quand je dissimule à la face du monde ma liaison avec George. Parce que bon, la presse people, les photographes, et tout et tout...Vous savez ce que c'est.

 

Et puis surtout, si vous voulez faire croire que vous n'avez pas de repassage en retard, il faut une logistique de fou. Il vous faut prévoir à l'avance tout ce dont vous pourriez avoir besoin le jour de réception.

Puis chammaniser l'armoire. Pour éviter que quiconque ne l'ouvre. En particulier les enfants. Qui sont parfois facétieux.

 

Et pourtant, malgré des années de pratique, j'ai failli.

Le crime était presque parfait.

Mais j'avais sous-estimé la consommation effrénée de torchons de ma soeur quand elle se livre rageusement à l'essuyage de vaisselle.

Alors que le front serein et la mine réjouie, je barbotais allègrement dans l'eau - c'est une image, je fais rarement la vaisselle avec les pieds, du moins en public-, Fashion, l'air innocent, me demanda donc des torchons secs. La fourbe.

Avec force grimaces, je lui intimais le silence, puis, tel un général napoléonien penché sur les cartes d'état major d'Austerlitz, je dressais un plan de bataille en or massif.

 

D'abord, je recrutais des troupes.

Mes neveu et nièces étaient chargés des manoeuvres de diversion. De préférence du côté de la salle de bain ou du balcon, éloignés de l'armoire chammanisée.

Mon beau-frère numéro 1 était chargé de bloquer la porte du dressing, au péril de sa vie si nécessaire.

Mon beau-frère numéro 2 était chargé de faire le guet dans le couloir.

Ma soeur Falbala était chargée de faire comme si de rien n'était. On n'exploite pas les femmes enceintes sur les champs de bataille, non mais.

Pendant ce temps, Fashion -hilare, allez savoir pourquoi- et moi-même nous approchions témérairement de l'objet du crime.

Et telle la Lara Croft du dressing, j'ouvris l'armoire, et, n'écoutant que mon courage, j'explorais à toute allure les strates accumulées à la recherche des torchons convoités.

Évidemment, la plus grande rapidité d'exécution était requise. Tout le monde sait que la surprise est le meilleur allié du combattant.

La mission accomplie, je remerciais chaleureusement les troupes et retournais vers ma vaisselle, le front de nouveau serein.

 

Sauf que mon soulagement fut de courte durée.

Parce que, dans la rapidité d'exécution du plan, j'avais un peu oublié de regarder les détails de l'affaire.

Et que Fashion, toujours hilare, brandit devant l'intégralité de mes grands-parents, parents, et quelques beaux-parents de mes soeurs, une série de forts jolies taies d'oreiller, qui avaient choisi, les fourbes, de se faire passer pour les torchons convoités.


Et ce fut à ce moment précis de l'Histoire que l'armoire mal rechammanisée choisit de laisser s'évader l'intégralité des trois mètres cube de linge sur le sol du dressing. Et trois mètres cube de linge, ça en fait du bruit.

 

Ma réputation est à jamais ternie. Et encore, personne n'a ouvert le tiroir de la honte de mon buffet.

 

***

 

Et bien sachez, les Gens de l'Internet Mondial, qu'aujourd'hui, n'écoutant que mon courage, et un peu Bakounine aussi, qui a dit "Ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur semblait possible n'ont jamais avancé d'un seul pas", j'ai commencé à repasser mes trois mètres cube.

On se revoit dans trois mois ?

Et vous, les Gens de l'Internet, vous avez des cadavres dans les placards ?

 

***

 

 

Oui, je sais, contrairement à ce qui était annoncé, il y a un peu de Brad dans cette note. Que voulez-vous, parfois il faut laisser libre cours à sa créativité.

 

17 avril 2008

Grammaire d'Arbres Adjoints (si, si)

 

Note composée sous l'emprise de substances totalement licites, mais avec un taux de caféine dans le sang propre à le rendre à même de remplacer le pétrole.

Et puis, aussi, note au titre énigmatique, parce que bon, quand même, le mystère, c'est cool. Et d'ailleurs, que faisait le colonel Moutarde dans la bibliothèque à une heure aussi indue ? Cette histoire a assez duré, franchement...

 

Bon, les Gens de l'Internet Mondial, figurez vous que j'ai été taggée deux fois en peu de temps. Et que, en ancienne bonne élève que je suis, je fais (une partie) de mes devoirs en répondant à celui de So, initié par Thom (Ariba, je ne t'oublie pas !)

 

Mais de quoi s'agit-il donc, me demanderez-vous, les Gens de l'Internet, non sans quelque légitime angoisse ?

Et bien, il s'agit de répondre aux questions posées par le précédent taggé, puis d'en rajouter une avant de lancer la patate chaude vers une autre innocente - ou pas - victime.

 

La bonne nouvelle, c'est que je suis au tout début de la chaîne, je ne dois donc pas répondre à 198 476 286 questions, mais toi, là, le Gens de l'Internet Mondial, tu peux trembler... ton tour viendra, mais quand ? C'est beau le suspens. Presque autant que le mystère. C'est dire.

 

Question 1. On a tous un sosie quelque part. Quelqu'un qui nous ressemble un peu, tout au moins. Ou alors quelqu'un qui a fait penser quelqu'un d'autre à nous lorsqu'il l'a vu(e). Parfois, ça peut entraîner de lourds ressentiments. Si on me dit que je ressemble à Nicolas Sarkozy, par exemple, je pleure. Alors, à qui t'a-t-on déjà dit que tu ressemblais ? (Même de loin, ou de profil, ou philosophiquement parlant, ou pour déconner, rhoo !)

 

Bon, alors là, c'est hyper facile. Je ressemble à Lara Croft. Grave.

 

Sauf que non.

 

Alors, un jour, dans le bus, dans la banlieue profonde qui craint un peu, un type m'a dit avec beaucoup d'assurance que j'étais Sabrina, une esthéticienne qui sévissait dans le 9-3. Donc j'en ai déduit fort brillamment que je ressemblais à Sabrina. Stupéfiant, non ?

 

Sinon, le logiciel qui te permet de vérifier si tu ressembles à Alf ou pas, a longtemps soutenu que je ressemblais à Serena Autieri.

Mais les logiciels sont versatiles, c'est bien connu.

Ou bien j'ai vieilli.

Non, je déconne, c'est pas possible, je ne vieillis plus. Du tout. Grâce à mes crèmes Kenzo orgasmiques.

Donc maintenant je ressemble à Laura Carter et à Kate Winslet.

Mais, contrairement à d'autres dont je ne divulguerai pas le nom (sauf contre un marron glacé) (allez, un demi marron glacé) on ne me demande JAMAIS de signer des autographes. Ce qui m'attriste. Profondément.

 

Et puis, bon, quand même, philosophiquement, je ressemble un peu à James Bond, parce que "danger is my middle name", un peu à Confucius, parce que je suis sage - qui ricane ? -, un peu au Dalaï Lama, parce que je kiffe grave les oranges.

 

Non, sinon, sans rire, je suis unique, je ne ressemble à personne. Même si mon imitation de la Vénus de Milo est, paraît-il, excellente. Mais je sais rester modeste.

 

 

Question 2.Qui va gagner la Nouvelle Star ? Naaaan, je déconne. La vraie question est : tu dois tuer la personne avec qui tu vis, comment t'y prends-tu pour ne pas te faire choper ?

Bon, pour la Nouvelle Star, je suis bien embêtée. Parce que moi, la Nouvelle Star, je ne l'ai jamais vue. Bon, un jour, j'ai dîné à côté de Claire Chazal, mais c'est plus trop une nouvelle star, non ?

 

Sinon, je me pose beaucoup de questions sur cette question. Je trouve, So, que tu as l'air de chercher des pistes. Et du coup, je m'inquiète.

 

En fait, moi, je sais surtout tuer les bonsaïs. Je suis la serial killeuse des bonsaïs.

Mais à tous les coups, je laisse des traces : le corps desséché, l'arme (la terre desséchée aussi).

 

Et puis, ma carrière de criminelle, souvenez-vous, a été aussi brève qu'intense.

 

Ceci dit, éliminer un homme, ça ne doit pas être trop difficile. Un homme, ça vérifie si son vaccin antitétanique est à jour quand ça se coupe avec une feuille de papier. Une chose aussi fragile, ça doit se tuer facilement, non ?

 

Mais bon, si je devais me débarrasser d'un conjoint, par exemple pour le remplacer par Brad, je pense éviter les solutions gore.

Parce que le sang, ça part pas bien sur les blouses fuchsia.

 

Je pense que le plus simple c'est de laisser l'homme en question accéder à mon fichier de musique de la loose sur mon ordinateur. Et il y a du lourd. De l'inimaginable. De l'inconcevable.

Devant un tel déploiement d'horreur, la crise de rire suivie de la crise cardiaque de l'homme nourri aux macarons, au Martini et aux marrons glacés sont assurées.

 

Et, pour ne pas me faire choper, j'efface les fichiers après. Je sais, je suis diabolique.

 

***

 

Je lance la patate chaude à ma soeur, Fashion, en rajoutant une question : taaaaadddaaaam !

 

Question 3. Si tu devais être privée de l'un des cinq sens, lequel choisirais-tu ? Pourquoi ?

 

 

 

 

01 avril 2008

Génération Y

 

Note qui fera date dans la socio-anthropologie de la djeunzerie. Ou pas.

Ah oui, et sinon, note Brad free, Ragondin free, et Martini free.

Où va le monde, je vous l'demande ?

 

 

Bon, les Gens de l'Internet, je sais pas trop où vous en êtes côté démographie, sociologie and co, mais enfin bon, ce blog ayant une haute vocation culturelle, je pense que vous avez tous lu les derniers essais moldaves sur les questions relatives à la djeunzerie, et que vous n'êtes pas sans savoir que dans les pays anglo-saxons, on appelle la "Génération Y" les djeunz nés entre 1980 et 1994.

C'est fou, ça ? On les appelle aussi les "Echo boomers", parce que, quoi que vous leur disiez, ils répondent "en vérité, M'dme ?", je vois pas trop d'autres raisons possibles. A moins que ce ne soit en relation avec la nymphe des bois et des forêts du mont Helicon, mais franchement, le lien me semble ténu.

 

Ce phénomène sociologique est du plus haut intérêt, vous vous doutez bien, les Gens de l'Internet Mondial, dans la mesure où les Echo boomers ont tout un tas de caractéristiques fascinantes :

 

- 97 % possèdent un ordinateur

- 94 % possèdent un téléphone portable

- 76 % utilisent une messagerie instantanée

- 34 % n'ont qu'une source d'information, le net

- 28 % possèdent un blog et 44 % en lisent

- 75 % ont un profil Facebook

- 60 % possèdent un lecteur MP3

 

Bon, alors, les Gens de l'Internet qui font des sondages, sachez que mes djeunz à moi font exploser vos statistiques :

- 100 % possèdent un ordinateur (sauf quand ils ont une recherche à faire pour un exposé, parce que là, bon, souvent, le chien / le chat / mon père a mangé la souris / la carte mémoire / l'écran (rayez les mentions inutiles))

- 100 % possèdent un téléphone portable (des trucs high tech de folie avec lesquels je pourrais appeler la lune, et que je voudrais parfois bien garder quand je les confisque, histoire de faire fortune en les revendant sur eBay)

- 100 % utilisent MSN, et 50 % recherchent activement MON adresse MSN, et ils ont tous des super adresses, genre loveurdulycée9476585@hotmail.com)

- 99 % n'ont qu'une source d'information, le net. Les 1 % restants n'ont qu'une source d'information, la télé, mais ça se perd de plus en plus...

- 100 % ont un blog, dans lequel ils n'écrivent jamais rien sur leurs profs, les fourbes, c'est assez frustrant, ils pourraient faire un effort non mais quand même...

- Je ne veux surtout pas savoir combien ont un compte Facebook, mais beaucoup trop à mon goût, Facebook devrait être réservé aux grands, non mais.

- 100 % possèdent un lecteur MP3, et 100 % tentent de le conserver autour du cou à chaque début de cours, et 100 % échouent. Gnark gnark. On a les victoires qu'on peut.

 

Bon, les Gens de l'Internet Mondial, je suis sûre que vous trouvez ça hyper éclairant quant à la djeunzerie, et, soit dit en passant, ça doit prouver qu'il y a une erreur dans mon état civil, parce que bon, j'ai un ordinateur, un téléphone portable, MSN, un blog, un iPod, un profil Facebook, et je n'ai pas la télé... Donc, vous en conviendrez avec moi, il est impossible que j'ai, hum, disons, 30 ans et quelques mois, les entrailles des sociologues sont formelles.

 

Ces éminents spécialistes de la question semblent néanmoins avoir oublié une chose quant à cette génération Y.

Une chose qui fait qu'on ne peut la confondre avec aucune autre génération.

Son aptitude à poser la question qui tue.

 

Ainsi, par un morne après midi de printemps sauf que ça se voit pas trop, sauf sur le calendrier, et encore, il faut avoir de bons yeux, la jeune (si, si) et sémillante Alinéa, en plein cours top fascinant glamour hype sur les démo*craties populaires, se met à distribuer des fiches de notions tout en continuant à dicter le si fascinant glamour hype cours...

"Tito instaure en Yougoslavie..."

Et c'est à ce moment précis que l'Histoire bascule. En effet, Alinéa se trouve alors au fond de la classe, des papiers plein les mains. Le tableau est loin, loin, loin. Du coup, elle se hasarde :

"Euh, vous savez écrire Yougoslavie ?"

Devant le regard fort peu frétillant jeté par l'élève le plus proche, et voyant 34 stylos levés, elle continue :

" Y O U G O S L A V I E"

Et c'est alors qu'une élève s'exclame :

" Mais, M'dme, ça s'écrit comment "I grec" ?"

 

Voilà ce que les socio-démographes ont oublié quant à la Génération Y. C'est la première génération du XXe siècle à ne pas savoir écrire Y.

***

L'auteur de cette note tient à s'excuser auprès de l'inventeur du Y. Aucune responsabilité de sa part ne peut être engagée. Après tout, les élèves peuvent-ils connaître TOUTES les lettres ?

 

***

Et, juste comme ça, en passant, ce n'est pas un poisson d'avril. D'ailleurs je n'ai eu qu'UN poisson dans le dos aujourd'hui. Et j'en suis fort triste. Maigre moisson pour étoffer ma collection...

 

 

 

 

 

 

 

 

24 mars 2008

Tecknokiller du Palatinat

 

Composition quantitative de cette note : Intérêt culturel 100 % ; intérêt sociologique 100 % ; djeunz authentique 100 %.

(Oui, ça fait 300 %. Et alors ? Il est grand temps de dépasser les limites conceptuelles, les Gens, non mais.)

 

Bon, les Gens de l'Internet Mondial, au risque de briser tous les totems, de renverser tous les tabous, de choquer les mal-pensants, je dois vous avouer que parfois, il y a des cours qui saoulent grave les profs qui les font.

Oui, les élèves qui les écoutent, aussi, sans doute, mais ce n'est pas le propos ici, merci d'adresser vos remarques à la rédaction, j'aime bien avoir du courrier. N'oubliez juste pas de joindre des photos de Brad nu, merci.

 

En vertu de la règle absolue de la composition, une idée = un exemple, j'exemplifie de ce pas : moi, je l'avoue à la face de la Galaxie, "Les réseaux urbains et la métropolisation en Europe", je trouve que c'est moyen funky. Les élèves aussi, puisqu'ils en profitent pour laisser les gondoles à Venise

 

En revanche, il y a des cours que tu kiffes grave. Sur lesquels tu t'éclates. Des cours hyper funky. Plus souvent des cours d'Histoire que de géographie pour moi, mais je ne vois vraiment pas pourquoi, franchement, non, je vois pas.

 

Et, en particulier -mais pas seulement- je vois toujours arriver avec émotion les chapitres concernant la Révolution française.

 

Je sais que je vais adorer ces cours, mais je sais déjà aussi à quoi m'attendre -les djeunz se renouvellent peu, année après année :

 

- M'dme, c'est vrai que la guillotine, ça fait pas mal ? Euh, comment dire, personne n'ayant jamais survécu...

- M'dme, on meurt tout de suite, quand on est guillotiné ? Non, en général on a le temps de boire un dernier café et de fumer une dernière cigarette, puis là, on meurt... 

- M'dme, ça fait comme pour les canards ? On BOUGE ? Ben oui, on bouge le temps du café et de la cigarette...

- M'dme, qu'est-ce qu'on fait de la tête ? (mon moment préféré entre tous) ON LA POSE SUR LE CERCEUIL  [air ravi et terrifié de l'assemblée]

 

Oui, vous noterez, les Gens de l'Internet Mondial, que les questions des djeunz sont toujours très tournées vers les exécutions, et, curieusement, assez peu vers les pesanteurs sociales de l'Ancien Régime, qui, conjuguées avec l'absolutisme royal , provoquent une inadéquation entre la société réelle et la société imposée par l'ordre ancien. Etrange, non ?

 

Mais, s'il y a bien un moment où je ne sais pas à quoi m'attendre, même si je sais que je peux m'attendre au pire, c'est lorsque, pour comprendre ce qu'est l'absolutisme de droit divin et comment il se met en scène, on étudie le tableau de Hyacinthe Rigaud, Lou*is XIV en costume de sacre...

 

 

 

Déjà, jeune prof à peine sortie des concours, et inspectée le jour de l'étude de ce tableau, j'eus l'immense bonheur d'entendre M., qui, déjà, avait jugé bon de me piquer le transparent - pour rire, M'dme - juste avant, s'exclamer assez fort pour être entendu de l'enfer - qui, soit dit en passant, n'était pas bien loin, on était dans l'ascenseur qui y mène, c'est sûr :

 

"Mais c'est qui cette t*** ??? Il va tapiner au bois ou quoi ?"

 

Alors là, franchement, un jour d'inspection, tu vis, ... comment dire..., un grand moment de solitude...

 

Depuis, je me suis aguerrie.

 

Je sais que, statistiquement, quand je vais distribuer la photocopie, la moitié des élèves vont dire :

"Aaaaah mais je l'ai fait, ce truc trop chelou. C'est Napoléon."

 

Une fois, un élève fort original s'est même exclamé

"C'est Jeanne d'Arc.",

se rapprochant par là de la moitié restante qui va invariablement me dire :

 "C'est qui, ELLE ?"

 

Il paraît que Louis XIV, du fond de sa tombe, m'envoie des suppliques, genre "arrête d'étudier MON tableau, j'en peux plus, tu peux pas étudier celui de l'autre naze, Louis XVI, de toute façon il a plus toute sa tête, donc ça lui fera rien".

 

Mais parfois, je suis encore surprise.

Ainsi, il y a peu, S. a passé tout le temps de l'étude du tableau le nez pincé avec sa main gauche, parce que bon,

"M'dme, on m'a dit que ce type ne s'était JAMAIS lavé de sa vie".

 

Le même jour, R. s'exclame, émerveillé :

 "Ouah, mais il a trop des fringues de bogoss, lui !"

Alors que j'en étais à un froncement de sourcils perplexe visant à évaluer cette opinion artistique, M., outré par la radicale nouveauté de cette proposition, s'exclame :

"Non mais t'es ouf, c'est trop chelou, comme fringues !"

 

Ce à quoi R. rétorqua, non sans sens de l'à propos :

"C'est toi qui est ouf et chelou, tu trouves trop beau le Buffalo Grill" (authentique, depuis cet événement, je ne suis plus tout à fait la même)

 

Vexé, M. tire sa dernière cartouche en assénant :

"Tu peux parler, t'as vu la tête de ta copine ?"

 

Et c'est à ce stade de ce fort édifiant échange que je parvins à calmer ma légitime curiosité (c'est qui la copine de R. ?) les ardeurs adolescentes pour passer à l'étude en huit points de ce tableau. 

 

Passant entre les rangs pour vérifier la prise de notes, tout en dictant des choses fascinantes sur la concentration des pouvoirs dans les mains du roi, je trouvais Al. tirant la langue sous l'effet de la concentration, fort occupé à colorier la photocopie,

 

"parce que M'dme, ce mec, c'est trop un tecknokiller"

 

 

Et franchement, ça lui va grave bien, à Louis XIV, je trouve :

 

 

 

(les couleurs passent un peu mal, mais vous voyez l'idée générale).

***

Sur ce, je vais de ce pas me replonger dans la préparation d'un cours de géographie, en me consolant au Lindor au chocolat au lait, parce qu'il faut ce qu'il faut. Et aussi parce que Fashion les a oublié chez moi, la fourbe.

 

 

12 mars 2008

Que d'eau, que d'eau !

 

Note sans plein de choses, mais avec un peu de Mac Mahon. Et ça, c'est grave la classe. 

 

 

Bon, les Gens de l'Internet Mondial, il faut savoir que, quand on est prof, on est toujours prêt.

Prêt au pire (X. tentant d'occire Y. à coup d'extincteur).

Prêt au meilleur (vos terminales vous offrant un cadeau d'anniversaire) (mais bon, être prêt, ça empêche pas de verser une larme ou deux).

 

Mais malgré tout, parfois, on est pris de cours.

 

Surtout quand, au beau milieu d'un cours sur les réseaux urbains et la métropolisation en Europe, A. lève très haut la main, et vous demande :

 

 

" Dîtes M'dme, comment ils ont mis l'eau à Venise ?"

 

 

***

 

Bon, le premier moment de perplexité passé (et il a été long, il m'a fallu m'en remettre), je me lance dans une explication avec force schémas de la lose (je ne suis pas prof de schéma, et -comment dire ?- ça se voit), des gestes, des mots, et tout.

Et j'en profite pour parler de la pollution, du croupissement, et de l'odeur de Venise.

 

Et c'est alors que J. hausse les épaules :

 

"Ben, ils sont pas malins. Ils ont qu'à mettre le produit qu'on met dans les aquariums"

 

 

Comment ont-ils pu ne pas y penser ?