« 2008-05 | Page d'accueil
| 2008-05 »
13 mai 2008
Aux armes, citoyens (de Disneyland) !
Note rapide, parce que bon, je déménage bientôt, et que bon, mon appart ressemble à un entrepôt Ikea, et que franchement, je crois que les livres, c'est surfait.
Sinon, qui veut un shaker électrique ?
Bon, les Gens de l'Internet, ce qui est cool quand on est prof, c'est qu'on aide à former le futur. On se sent utile. On oeuvre pour la grandeur de la France. De l'Europe. De la Galaxie.
Même si parfois on doute. Souvent, même.
D'ailleurs les élèves aussi doutent. De ce que MOI je leur dis. Je trouve ça vraiment pas kiffant.
Et c'est ainsi que j'ai perdu toute crédibilité auprès de J.
J. aime bien l'Histoire.
Surtout quand il se passe des choses HORRIBLES. Qu'il y a du sang, des entrailles, des morts. Et un peu de choses sexuelles aussi.
Ses interventions sont toujours de grands moments. Parce qu'elle dit toujours ce qu'elle pense. Au moment où elle le pense.
Et aussi parce que, dans la même classe, A. aussi aime bien l'Histoire.
Et que ses interventions aussi sont toujours d'anthologie.
Et que du coup, ils se répondent.
Amis du surréalisme, bonjour.
Du coup, quand je décris le processus de déclenchement de la Première Mondiale, et les mobilisations générales successives des Etats européens, A. veut tout savoir.
A. perplexe :"Mais M'dme, comment ça se passe, la mobilisation générale ?"
Alinéa, docte : "Et bien, on appelle tous les hommes en âge d'être appelés. Et on leur demande de rejoindre les casernes."
A., voulant aller au fond de la question : "On les appelle par téléphone, ou on leur envoie un mail ?"
Ben oui, sur MSN : "Kikoo, cé la mobilisation général, tro la teuf, on va tro se ptdr."
Alinéa, frustrée de l'oubli total des premiers cours de l'année : "Euh, on est en 1914, vous vous souvenez, tout le monde n'a pas le téléphone, et le mail n'existe qu'à la fin du XXe siècle !"
A., creusant encore plus loin : "Ben alors, comment on fait ?"
Et c'est alors que J. bondit, lève la main, et s'exclame :"Moi je sais, M'dme !"
Alinéa, s'attendant au pire : "Oui, J. ?"
J., toute joyeuse : "On envoie des messagers qui frappent à TOUTES les portes !"
Alinéa, perplexe : "Vous savez, J., il y a plus de 40 millions d'habitants en France en 1914, ça fait beaucoup de portes. Non, on utilise les cloches des églises, qui sonnent le tocsin, et on placarde sur les bâtiments publics l'ordre de mobilisation générale dont votre manuel présente une reproduction."
J., énervée : "Ben non, n'importe quoi, je sais que c'est pas comme ça !"
Alinéa, très calme bien qu'émotionnellement épuisée : "Je vous garantis que si, J. On ne peut PAS matériellement aller frapper à toutes les portes."
J., TRES énervée : "Mais enfin Madame, j'ai vu Mulan, moi. Pas vous ?"
Ben si.
Mais ça fait mal. Très mal.
23:43 Publié dans Etudes de la djeunzerie | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : n'importe quoi, mulan, shaker




