28 août 2008

Lâche l'affaire

 

 

Bon, les Gens de l'Internet mondial - forts nombreux -, qui arrivent ici en cherchant les probabilités de gagner à l'Euromillion, j'vous rassure tout de suite :

 

vos probabilités sont nulles.

 

Franchement, ne dépensez pas un centime en jouant, envoyez directement vos chèques à Sauvez Séphora de la faillite en finançant Alinéa.

Parce que le ticket gagnant de demain, il est plié, bien rangé, dans mon soutien-gorge dans un endroit top secret que vous croyez quand même pas que je vais vous le révéler, non mais.

 

Ca fait un moment qu'on a un deal, Euromillion et moi.

 

Et demain, je réclame mon dû.

 

Là, il faut faire vite, on est à J-12 du premier paquet de copies, et à J-5 de retrouver A., dont nous suspectons légitimement qu'il puisse être envoyé par des instances supérieures pour me punir de fautes commises dans une vie antérieure. Lourdes, les fautes, parce que manifestement, j'ai pris lourd en matière de karma. Je devais probablement manger des bébés lapins nains à tous les repas et porter un jogging blanc taille basse pour aller acheter du pain.

 

***

 

Sinon, j'ai taillé tous mes crayons de couleur. Je pense que cette überinformation mérite sa place sur l'Internet Mondial. Vous êtes bouleversifiés, non, les Gens ?

Et du coup, je ne peux pas vous garantir qu'aucun crayon de couleur n'ait été maltraité durant la rédaction de cette note. Ce qui est fâcheux.

 

 

 

 

27 août 2008

La nota, please !

 

Note qui aurait toute sa place dans tous les guides de voyages, rapport au fait que dedans, il y a un guide de survie grave utile.

 

Bon, les Gens de l'Internet, ce qui est grave frais, à l'étranger, c'est que tu peux parler étranger.

C'est même conseillé.

Et moi, j'adore parler étranger.

Surtout avec George dans la langue de Britney-Oups-I-did-it-again

Ou bien l'étranger de Suisse ou de Belgique, parce que, bon, j'ai grave l'impression de trop bien maîtriser l'étranger, que si je voulais je pourrais presque avoir un diplôme et tout.

Mais ailleurs, il vaut mieux apprendre l'étranger vite.

Parce que dès que tu commences à parler de l'angoisse eschatologique propre à l'humanité, en étayant tes propos de quelques citations fort bien placées de penseurs Moldaves, avec un étranger non francophone, rapidement, tu te retrouves toute seule, et c'est pas trop drôle.

 

Du coup, avant d'aller en Italie examiner le David sous tous les angles et battre le record du monde de consommation d'Asti Spumante en terrasse, je m'étais documentée avec beaucoup de rigueur sur la langue de Dante.

 

C'est donc munie du minimum vital de l'Alinéa en vacances que je suis partie :

 

Martini, Chianti, Spaghetti, George Clooney, Aperitivi, Gelati, Amaretti, George Clooney, Macaroni, Asti, George Clooney.

 

 

Vous vous doutez bien, les Gens de l'Internet, qu'avec un tel bagage linguistique, il me tardait de pratiquer. Grave.

 

Au péage du tunnel du Mont Blanc, j'étais désapointée : la dame du tunnel parlait français. Un peu dépitée, je décidais de prendre mon mal en patience en révisant mes basiques :

 

Bonjour : buongiorno. Facile, c'est un bon Giono. Tous les Giono sont bons d'ailleurs, vous dirait ma Mère à moi que j'ai. Et on ne contredit pas une femme qui fait les meilleures lasagnes de la galaxie.

Au revoir : arriverdeci. Ah oui, je suis arrivée d'ici. Check.

Merci : Grazie. Comme Grace Kelly mais pas tout à fait, en somme.

 

Dans la première station autoroutière (oui, ma vie est parfois crypto-glamour, je sais), je commence fébrilement à chercher à mettre en application mes talents.

Et c'est donc avec un immense plaisir que j'ai braqué mon sourire 2000 volts sur les plus proches clients.

Bon, il s'agissait de Japonais avec lesquels j'ai parlé en anglais - une fascinante conversation sur le diesel, je peux pas trop vous raconter, vous allez être jaloux devant tant d'übermétaphysique.

Ah ah, mais je n'avais pas dit mon dernier mot. Il fallait payer. Et là, à la caisse, enfin, mes dons linguistiques allaient prendre leur pleine mesure.

C'est donc d'un pas alerte que je me dirige vers le cabanon, tout en répétant : sette (le numéro de la pompe), grazie mille, et tout et tout.

 

Mais le pompiste, l'air maussade, me prend la carte bleue des mains avant même que j'ai pu articuler un mot.

Fort dépitée, je décide d'attendre qu'il me rende ma carte pour enfin prononcer mes premiers mots d'italien.

Et c'est ainsi, de ma voix qu'un rapport d'inspection avait trouvé fort claire et bien placée, et qui genre a dû porter jusqu'à la pompe 347, que j'ai remercié l'employé d'un tonitruant :

"Danke schön"

 

Pic de la Mirandole, sors de mon corps.

 

Dans l'ensemble, ce séjour dans la magnifique Toscane n'a pas épuisé mes talents linguistiques majeurs, et j'ai pris avec certains serveurs de mémorables fous-rires... A Pise, une légende circule sur la touriste au brushing parfait qui a demandé "la nota, please".

 

 

25 août 2008

Louison Bobet, sors de mes jambes*

 

Bon, les Gens de l'Internet, ce qui est cool avec les vacances, c'est que tu fais des trucs que tu fais jamais dans ta vie normale.

 

Par exemple, dans la vie normale, je me déplace beaucoup.

En voiture, parce que bon, pour avoir la chance d'écouter Radio-Bled-du-Centre-de-la-France, qui diffuse Comme un ouragan en toute impunité, il faut soit vivre dans le Bled en question, soit avoir une voiture.

En métro, parce que bon, c'est quand même le moyen le plus efficace pour s'entraîner à parler anglais avec des Moldaves de passage.

En RER, parce que franchement, l'organisation des paysages périurbains et des entrées de ville méritent deux voyages par jour quand on enseigne la géographie. Au moins.

A pieds, parce que mon lycée a eu la bonne idée de s'installer à droite après l'épicerie, mais à environ 2 kilomètres après l'épicerie.

A roller, parce que c'est quand même grave hype.

 

Bon, ça va, ça va, les Gens de l'Internet, d'ici j'en entends ricaner. Mais si je sais où sont mes rollers. A peu près. Enfin, vaguement quoi. Comment ça je les ai donnés il y a cinq ans ??? IMPOSSIBLE.

 

Mais au quotidien, s'il y a bien un moyen de locomotion que j'évite comme les restaurants macrobiotiques, c'est le vélo.

 

Déjà, j'ai pas de vélo.

Ce qui n'aide pas.

Et l'abonnement velib, c'est gentil mais j'ai piscine.

 

Mais bon, en vacances, tout est différent, les Gens de l'Internet.

Déjà, tu te lèves tôt mais volontairement, donc c'est pas pareil.

Ensuite tu bois un apéritif tous les soirs, comme à Paris me direz-vous fort justement, les Gens de l'Internet mondial, mais là, c'est en toute bonne conscience, parce que bon, c'est les vacances.

 

Alors du coup, bon, ben, pourquoi pas boire le calice jusqu'à la lie et s'aventurer à faire du vélo.

Soyons fous.

 

Alors évidemment, quand tu n'es pas montée sur un vélo depuis le siècle dernier, tu commences par choisir ton moment. Par exemple, tu attends qu'il fasse environ 45 degrés à l'ombre. Parce que c'est quand même plus agréable de pédaler au soleil.

Puis tu choisis ta tenue. Tiens, une petite jupe beige incrustée de broderies anglaises, toute virevoltante. Parce que bon, c'est mieux, une tenue seyante en vacances.¨

Puis tu choisis ton lieu. Oh, entre deux champs, c'est quand même grave plus romantique qu'entre une voie de bus et l'avenue Magenta.

 

Et c'est ainsi qu'une Alinéa se retrouve, un beau jour du mois d'août, à enfourcher un charmant vélo, modèle bionique 2045, sur lequel les ingénieurs de la Nasa ont planché environ 35 ans. Une merveille de technologie. Une preuve de l'existence de Dieu m'a-t-on dit. Alors que bon, tout le monde sait que la meilleure preuve de l'existence de Dieu c'est le macaron à la pistache.

 

Bon, alors là il faut monter sur l'engin. Pas de problème.

Puis il faut pédaler pour faire avancer l'engin. Pas de problème.

Ah mais c'est trop funky, finalement, le vélo. Je devrais en faire plus souvent. M'acheter un vélo rose. Et aller au lycée avec. Je me vois déjà, la cuisse fuselée, le fessier en acier, toute pimpante.

Et cette brise, franchement, c'est super.

Bon, elle me décoiffe un peu, mais c'est romantique, non ?

Ah mais ça monte un peu, là, non ?

Oui, mais bon, si c'est le prix à payer pour avoir la cuisse fuselée, on va pas se plaindre.

Et puis si ça monte, après ça va descendre, en toute logique.

Ah tiens, qu'est-ce que je disais, ça descend déjà.

Du coup, la brise te plaque la jupe sur le visage.

Bon d'accord, 5 automobilistes et une vache peuvent faire état de la couleur de tes sous-vêtements. Et alors ? Elle est très jolie, cette culotte.

Et puis, totalement aveuglée, tu as fait un écart vers le fossé, mais bon, la boue, c'est sain. C'est même hype, à voir le prix de l'enveloppement de boue à Paris. Allez, fais pas ta Parisienne.

Tiens, voilà que ça monte encore. Ah ah, à moi les cuisses fuselées !

Mais pourquoi ça continue à monter ?

Là, franchement, je crois que c'est bon, le fuselage est OK, faut pas trop en rajouter quand même, on va pas rendre les copines trop jalouses.

Mais c'est le col du Tourmalet ou quoi, ce truc ?

 

 

 

Et c'est là que s'est produit le drame.

 

J'ai été dépassée par un joggeur.

 

 

Pas de doute, Satan se déplace en bicyclette.

 

 

* Bon, évidemment, Louison Bobet, moi je croyais que c'était la cousine des quatre filles du docteur March. Heureusement que certains sont toujours disponibles pour m'aider à faire croire aux Gens de l'Internet mondial que je suis culturée. Merci !

 

 

22 août 2008

Le côté obscur

 

Note gras free. Pour quelqu'un qui se reconnaîtra.

 

Hier, les Gens de l'Internet, j'ai décidé de passer de l'autre côté.

 

D'abord, je n'ai pas du tout mangé cinq fruits et légumes.

A la réflexion, je crois même que je n'en ai pas mangé un seul.

A moins que la confiture de fraise tartinée sur un croissant au beurre compte. Et sur deux croissants ?

Ou que l'expresso et le Coca light aient été requalifiés en fruits.

 

Mais ce n'est pas tout.

Sur l'autoroute, prise d'une impulsion subite, je me suis arrêtée avant* d'avoir roulé deux heures.

Comme ça.

Juste parce que justement, j'avais envie d'un café.

 

Et, en traversant le centre de la France, j'ai braillé à tue tête Comme un ouragan.

Parce qu'il existe en France des radios qui diffusent encore ce must have.

Et qui, aussi, t'informent qu'il y a un bal musette avec DJ Jean-Claude, samedi soir, à la salle communale, après un barbecue dansant.

Vous vous doutez que j'ai failli prendre une chambre d'hôtel pour pas louper l'événement.

 

Je crois qu'il existe des enfers pour les filles comme moi.

 

Demain matin, j'envisage de manger un lapin nain au petit déjeuner.

 

 

 

 

 

* Souligner, c'est pas utiliser le gras. Vraiment.

 

 

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